L’assurance maladie : une "guerre de cent ans" aux Etats-Unis (CHRONOLOGIE)
WASHINGTON, 21 mars 2010 (AFP) - Le système d’assurance maladie, qui a franchi une étape historique dimanche aux Etats-Unis, fait débat depuis un siècle dans ce pays, de nombreux présidents s’étant cassé les dents sur ce dossier longtemps combattu par les médecins et les assureurs.
1912 - L’ex-président Theodore Roosevelt, qui a fait campagne pour l’instauration d’une assurance maladie inspirée des réformes lancées 40 ans plus tôt en Allemagne par Bismarck, est battu par son rival Woodrow Wilson lors d’une nouvelle course pour la Maison Blanche.
1933 - Son neveu Franklin Delano Roosevelt, qui a lancé le "New Deal" destiné à sortir le pays de la crise de 1929, envisage un système d’assurance maladie. Mais le projet, dénoncé par le corps médical, n’atteindra pas le stade du projet de loi.
1945 - Son successeur Harry Truman propose la mise en place d’un système d’assurance obligatoire. Le projet s’enlise au Congrès.
1962 - Le président John Kennedy propose une assurance maladie pour les personnes âgées. Le projet s’enlise au Congrès.
1965 - Son successeur Lyndon Johnson parvient enfin à promulguer deux programmes d’aide, Medicaid, pour les personnes défavorisées, et Medicare, pour les plus de 65 ans et les handicapés. Plus de 100 millions de personnes en bénéficient aujourd’hui.
1976 - Jimmy Carter fait campagne pour l’instauration d’une couverture maladie universelle. Le projet est remisé sous sa présidence marquée par des difficultés économiques.
1989 - Le Congrès abolit une loi adoptée 18 mois plus tôt à l’initiative du président Ronald Reagan pour permettre aux personnes âgées d’échapper à la catastrophe financière en cas de maladie grave.
1994 - Un projet d’assurance maladie universelle du président Bill Clinton et défendu par son épouse Hillary échoue au Congrès.
2010 - Le Congrès adopte à l’initiative du président Barack Obama un projet devant permettre de couvrir plus de 30 millions d’Américains dépourvus de couverture santé. La réforme n’instaure pas de caisse publique d’assurance maladie mais oblige toute personne à s’assurer ou à payer une pénalité correspondant à 2,5% de ses revenus.
USA : une réforme historique de l’assurance maladie adoptée au Congrès
WASHINGTON, 21 mars 2010 (AFP) - La Chambre des représentants américaine a adopté dimanche un projet de loi de réforme du système d’assurance maladie, offrant une victoire législative majeure au président Barack Obama qui devrait rapidement promulguer le texte. Les représentants ont adopté le texte, la version approuvée par le Sénat le 24 décembre, avec une majorité de 219 voix contre 212, soit trois de plus que les 216 voix nécessaires. Les élus démocrates ont bruyamment applaudi lorsque la 216e voix a été enregistrée. Le texte peut maintenant être envoyé à la Maison Blanche où il sera promulgué par le président Barack Obama. Ce dernier doit s’exprimer devant les caméras de télévision peu après le vote. Les élus de la chambre basse doivent également se prononcer sur une série de modifications au projet de loi souhaitées par la majorité démocrate. Après avoir été approuvées par la Chambre, ces "corrections" seront envoyées au Sénat qui va tenter de les approuver la semaine prochaine. La réforme permettra de garantir une couverture santé à 32 millions d’Américains qui en sont dépourvus. L’objectif est de couvrir 95% des Américains de moins de 65 ans. Les plus âgés sont déjà couvert par un système d’assurance public, le Medicare. La réforme oblige aussi les particuliers à contracter une assurance privée, à moins de payer une pénalité annuelle. Elle fournit des crédits d’impôts aux petites entreprises pour financer la couverture maladie de leurs salariés, ainsi que des aides aux ménages modestes. En revanche, elle ne créée par de caisse d’assurance maladie publique. En outre, les compagnies d’assurances ne pourront plus refuser de couvrir une personne malade. La réforme, d’un coût de 940 milliards de dollars sur 10 ans, devrait aussi réduire le déficit américain de 138 milliards de dollars sur la même période, selon les chiffres du bureau du Budget du Congrès